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Aux origines de la purge


Technologie : À l’approche d’Halloween, je ne pouvais pas ne pas vous faire un billet spécialement dédié à ma période préférée de l’année. Cette année, le film qui a mes honneurs est The First Purge.

Ce n’est pas faute d’avoir écumé en vain mon magasin de DVD préféré, ni d’avoir scruté les tréfonds d’un certain site Web très connu pour ses ventes en ligne, mais le fait est que j’ai eu quelques difficultés à vous débusquer des originalités horrifiques. Alors que les productions américaines ont foisonné, en France, chronologie des médias oblige, les rayonnages sont vides de nouveautés. Bien entendu, vous pouvez toujours vous satisfaire des films d’horreur de série B des années 70, mais je trouve que les films des années 80 ont déjà très mal vieilli, je passe mon tour sur ces rééditions.  

 

Heureusement pour vous, cet été est sorti le dernier volet de la Purge et c’est de cette tétralogie que j’ai choisi de vous parler en cette veille d’Halloween. Dans le dernier chapitre, on retourne aux sources de la purge, on comprend comment et pourquoi cela a été mis en place. La critique sociale n’échappera pas au spectateur : la purge est un système mis en place pour se débarrasser des pauvres, des indigents, des asociaux, en bref, de toutes les personnes qui ne rentrent pas dans la bonne case, qu’elle soit économique, sociale ou raciale. Cette critique était beaucoup moins présente dans le premier et deuxième volet, mais elle est beaucoup plus flagrante dans le troisième et quatrième volet.

Expérimentation sociale

Dans ce dernier épisode, on voit qu’une minorité de gens ont pris les armes pour purger et que pour servir son idéologie, le Gouvernement n’hésite pas à aider la nature humaine. On peut déplorer le biais complotiste des scénaristes, mais dans la mesure où il s’agit d’un film d’horreur d’anticipation, on pardonnera cette facilité narrative, car il est exceptionnel. La prestation des acteurs est impeccable, on retrouve les codes des autres volets de la saga et les quelques scènes d’action, parsemées ici et là, sont joliment chorégraphiées.  

Évidemment, la technologie est la meilleure alliée du Gouvernement. Trois instruments principaux sont utilisés : des lentilles de contact avec caméras intégrées, des implants permettant de suivre à la trace les participants et un centre de contrôle et de commande des opérations, permettant de visualiser aussi bien les images des participants que celles des caméras de surveillance, déployées dans tout Staten Island. Pour le moment, les lentilles de contact avec caméras intégrées ne sont pas encore totalement développées, mais Google s’est emparé du sujet et planche sur leurs développements. Ce n’est donc plus qu’une question de mois avant que les premières lentilles mouchardes fassent leur apparition dans les rayonnages de nos opticiens. Quant aux implants permettant de suivre à la trace des individus, cette technologie est déjà disponible et a même été utilisée dans une entreprise américaine. En bref, la Purge n’est pas fantaisiste sur le plan technique, pour le meilleur et pour le pire. 

Le second élément qui interpelle est celui de l’expérimentation sociale. 

Dans le dernier film, la purge est présentée comme une expérimentation sociale, pour mettre fin au chômage, à la dette et à la criminalité. Se pose donc une question : le Gouvernement doit-il ou peut-il mener des expérimentations sociales ? Nous sommes dans un film d’horreur donc la réponse est forcément oui et les conséquences nécessairement sanglantes. Mais si on reprend l’histoire de l’Europe ou même des États-Unis, on se rend compte que sous couvert de bien commun et de préservation du bien-être de la société, des expérimentations sociales ont déjà été menées, avec la validation explicite du reste de la communauté.  

Individuellement, on ne peut pas influer sur une décision collective

À la fin du film, on nous dit que dans la mesure où la population a massivement participé, cela valide l’expérimentation et qu’il est donc pertinent de l’étendre à l’ensemble du pays, ce qui rappelle furieusement les expériences menées par le psychiatre Henry Cotton, qui pratiquait des ablations diverses pour soigner certains troubles. Malgré des études montrant qu’il avait falsifié ses résultats, les hôpitaux psychiatriques ont continué à pratiquer des ablations et il est toujours considéré comme un des pères fondateurs de la psychiatrie moderne.  

C’est peut-être l’une des raisons du succès de la Purge : elle appuie sur une peur tout à fait rationnelle, à savoir qu’individuellement, on ne peut pas influer sur une décision collective, même quand cette dernière a des effets dévastateurs.

Le dernier volet sortira en DVD au mois de novembre et surfant sur ce succès, Blumhouse a créé une série, basée sur ce concept. On verra si la série est à la hauteur des films.  

Passez un joyeux Halloween.     

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Tris Acatrinei

A propos de Tris Acatrinei

Consultante en sécurité informatique, Tris Acatrinei est aussi une enfant de l'industrie du divertissement, qu'elle prend comme une source d'inspiration.

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