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Données et voix : les nouveaux enjeux de l'interconnexion de sites

La technologie SD-WAN rend le réseau étendu plus agile


Technologie : Robustes et performants, les réseaux privés MPLS ne permettent cependant pas de répondre à la hausse des usages du cloud, de la mobilité et de l’Internet de objets. Le SD-WAN se pose en complément pour prioriser et sécuriser les flux.

Une étude réalisée par l’institut de recherche et de consulting Nemertes, dont les résultats ont été publiés dans le webinar « WAN Economics: the business of disrupting your WAN », indique que les entreprises dédient près de 20% de leur personnel IT à la maintenance et au développement du réseau étendu (WAN). De plus, elles dépensent en moyenne 1,3% de leur chiffre d’affaires pour maintenir ce même WAN. C’est un investissement significatif, sachant que le budget global des DSI représente entre 1% et 7% du chiffre d’affaires des entreprises. « Les entreprises veulent désormais un meilleur retour sur investissement de leur WAN, tout en y dédiant moins de ressources », rapporte John Burke, analyste principal chez Nemertes Research.



Dans le même temps, les entreprises utilisent de plus en plus d’applications hébergées dans le Cloud, généralisent la mobilité et développent les usages des objects connectés (IoT). D’une part ces usages augmentent les besoins en bande passante. D’autre part, ils forcent les entreprises à repenser la qualité de service de leurs applications alors que beaucoup d’entre-elles passent désormais par Internet.

C’est dans ce contexte que la technologie Software Defined Wide Area Network (SD-WAN) prend toute sa mesure. « Le SD-WAN permet d’augmenter la capacité d’un réseau privé MPLS en ajoutant de la capacité issue de liens Internet moins chers et en y appliquant des règles pour envoyer, de façon dynamique, le trafic sur tel ou tel lien. Cela permet de répondre aux besoins en bande passante des applications hébergées dans le cloud », explique Rohit Mehra, analyste chez IDC.

Mettre en place des classes de service

Les entreprises définissent des classes de services (CoS) dans lesquelles elles regroupent, par niveau de priorité, les applications Saas et autres services transitant sur Internet. Les classes de services permettent au mieux de garantir un service de type best effort à ces applications, quand le MPLS offre différents niveaux de qualité de service et de garanties en termes de bande passante, de disponibilité, de temps de rétablissement et de latence, adaptés aux applications les plus critiques.

Avec la technologie SD-WAN, « les sites distants ont alors un accès direct à Internet pour utiliser des applications de type software as a service (Saas), telles que Salesforce ou Office 365 par exemple avec, à la clé, une meilleure expérience utilisateur » rapporte Rohit Mehra. De plus, la sécurité des accès à Internet peut alors être déployée sur site, permettant de tirer un meilleur bénéfice de l’agilité fournie par le cloud computing.

La réduction des coûts n’est pas systématique

En pratique, l’entreprise déploie sur ses sites distants (ou fait déployer par un opérateur) des serveurs standards dans lesquels sont configurés les différents logiciels réseaux (routage, équilibrage de charge, optimisation…) et de sécurité. Cette rationalisation simplifie la tâche des équipes IT. Le SD-WAN promet en effet une gestion centralisée de ces équipements et, surtout, des règles qu’ils appliquent aux flux qui y transitent. Dans le même temps, nombre de fournisseurs vantent les gains économiques générés par une telle rationalisation couplée à l’usage de liens Internet, moins coûteux que les connexions privées.

En Europe, la société d’études Gartner a ainsi mesuré une réduction des dépenses réseaux, par site, par mégaoctet et par mois pouvant atteindre, pour certaines entreprises, jusqu’à 225% (378% aux Etats-Unis et 184% en Asie Pacifique). En moyenne toutefois, en Europe, les coûts mensuels des services MPLS et Internet sont sensiblement équivalents, à condition de faire appel à un opérateur régional.

Le cabinet d’études souligne également que moins de 20% des entreprises s’intéressent au SD-WAN pour, en premier lieu, faire des économies.

MPLS et SD-WAN vont coexister

Car au delà des gains financiers, l’objectif n’est pas de remplacer un réseau MPLS par une infrastructure SD-WAN meilleure marché. Il s’agit plutôt de construire une infrastructure hybride, orientée applications. Le principe du SD-WAN consiste à agréger tous les liens Internet disponibles (xDSL, fibre, 3G/4G…) qui, en complément d’un réseau privé d’interconnexion (MPLS, VPLS, VPN), permet au gestionnaire du WAN d’avoir une vue d’ensemble et une gestion centralisée des différentes routes. Dans sa récente étude, l’institut de recherche Nemertes, indique que plus de 8 entreprises sur 10 utiliseront à la fois le MPLS et le SD-WAN; 46% n’apporteront aucun changement à leur réseaux MPLS (10 points de moins que l’étude précédant celle-ci).

La technologie SD-WAN n’est donc pas la panacée. Elle ne satisfait notamment pas encore les besoins en QoS des applications les plus sensibles. Son marché reste néanmoins promis à un bel avenir: IDC estime qu’il croitra à un rythme annuel moyen de 69,6%, pour attendre 8,05 milliards de dollars en 2021.

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