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Grande école du numérique : 11.000 étudiants, peu de femmes et de CDI


Chiffres : L’Etat et ses partenaires revendiquent le succès de la Grande École du Numérique avec plus de 10.000 personnes passées par ses formations labellisées. Mais seules 24% sont des femmes et 35% ont signé un contrat de travail à l’issue de leur formation.

 

La Grande école du numérique, lancée sous la présidence Hollande, n’est en vérité pas une école, mais de nombreuses. Il s’agit en effet d’un réseau regroupant des formations labellisées « école du numérique ». 410 au total désormais, selon le bilan 2017 du groupement d’intérêt public de la Grande École du Numérique.

La particularité de ces formations est de former au numérique, le plus souvent gratuitement (77% des apprenants), et d’apporter un accompagnement vers l’emploi. Pour quels résultats ? Pour le rapport, piloté par l’Etat, pas de doute, l’Ecole « tient ses promesses et confirme ses résultats. »

45% des formations certifiées reconnues

Depuis ses débuts en 2016, plus de 11.000 personnes ont été formées ou sont en cours de formation, d’abord auprès d’associations (le statut de 44% des formations) - mais aussi de structures privées (34%) et d’établissements publics (13%).

L’Etat s’était fixé comme objectif de dépasser le chiffre de 10.000 apprenants. Sur ce point, c’est en effet réussi. Par ailleurs, le nombre de personnes inscrites en formation (de 1 à 42 mois) s’est accéléré en 2017 avec 5072 formations finalisées, contre 1827 un an plus tôt.   

Le but du rapport est aussi de démontrer que celles-ci ne tiennent pas de la figuration puisqu’elles durent en moyenne 7 mois et 1417 heures (75% sont de plus de 410 heures). Par ailleurs, elles sont en majorité dispensées en présentiel à 91%.

Elles combinent cependant souvent présence et cours en ligne. En effet, 56% se déroulent exclusivement en présentiel. Mais si ces formations peuvent permettre à des personnes sans diplôme, le public cible, d'acquérir des compétences, quid de leur valeur sur le marché de l’emploi ?

Difficile à dire. On sait que seulement 7% environ débouchent sur un diplôme. Cependant, 45% sont certifiantes et inscrites à ce titre au RNCP. La Grande École du Numérique encourage d’ailleurs les organismes labellisés à s’inscrire au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

La nature des certifications délivrées reste diverse aujourd’hui, certaines reposant « sur une mise à niveau des compétences numériques et d’autres sont pré-qualifiantes afin de permettre à certains apprenants de poursuivre leur formation. »

Développeurs, développeurs, développeurs

Quant aux compétences apportées aux apprenants, elles sont principalement d’ordre technique (66,9%). 128 des 410 formations labellisées préparent au métier de développeur web/mobile et 116 portent sur le développement d’applications web/mobile.

Cette dimension très technique des formations disponibles aujourd’hui explique peut-être d’ailleurs la faible représentation des femmes - équivalente toutefois à ce qu’elle est déjà parmi les professionnels du numérique en France.

 

24% des apprenants sont des femmes. C’est peu, mais en nette progression (+25%) par rapport à 2016, souligne le rapport. Pour autant, la Grande École du Numérique ne semble pas plus que les autres voies de formation au numérique réussir le pari de la féminisation. Cela pourrait passer par une diversification des formations et l’ouverture à des métiers autres que ceux de développeurs, notamment dans le domaine de la donnée.

C’est en revanche plus une réussite en ce qui concerne les sans-emploi et les non-diplômés, la gratuité (77%) y contribuant. « Les publics sans emploi ni formation représentent 65% des apprenants » est-il précisé. De même, 55% ont au mieux le niveau Bac, soit ceux qui sont le plus touchés par le chômage. Enfin, les personnes formées sont majoritairement des jeunes de moins de 30 ans (69%).

23% de CDI, 12% de CDD : un bon bilan ?

Mais le critère permettant d’évaluer l’efficacité d’un cursus de formation, c’est généralement le taux de retour ou d’entrée dans l’emploi ? Si les auteurs se félicitent que 74% des sorties professionnelles soient « positives », ces sorties sont encore peu souvent la signature d’un contrat de travail.

Ainsi, à l’issue de leur formation, 23% ont signé un CDI. C’est peu dans un secteur du numérique qui se félicite régulièrement de la très forte proportion de CDI (pour ses cadres en tout cas). Ils sont par ailleurs 12% à avoir basculé en CDD (d’une durée non précisée) après leur passage par la Grande école du numérique.


Ils étaient plus nombreux à chercher un emploi ensuite (22%). Les bénéfices de la Grande Ecole du Numérique en termes d’accès à l’emploi, s’ils sont réels pour une partie des apprenants, souvent sans diplômes, peuvent, doivent, encore s’affirmer.

Car si la formation était gratuite pour 77% des étudiants, celle-ci a bien été financée par de l’argent public. La question de l'efficacité de la dépense publique se pose donc. Mais surtout, faute de déboucher sur des emplois, la Grande Ecole pourrait se conclure sur une nouvelle désillusion pour des jeunes en quête avant tout d’une entrée sur le marché du travail.

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